Le mystère du D1249 Berlin – Astana enfin résolu !
15h15 Hauptbanhof de Berlin. Le train arrive quai numéro 11 à l’heure dite. La provodnistia nous attend. Nous lui montrons nos billets et en voiture ! Le wagon est fait d’une dizaine de compartiments couchettes. Nous y sommes les seuls français et surtout les seuls ne parlant pas le russe (important pour plus tard). Nous sommes seuls dans un compartiment de trois couchettes. De l’eau chaude est à disposition dans une petite cuisine et les commodités sont propres, il y a même une douche, un peu spartiate, que nous ne testerons pas. Les premiers kilomètres voient défiler des rangées de bouleau.
La première nuit à 02h30 du matin, nous sommes réveillés après plusieurs coups à la porte, par un douanier biélorusse. Vi ga-ra-ri ta pa ruski ? Niet, Frantsouski. Arggh !! Il scanne nos passeports, demande à son collègue s’il s’agit de nouveaux passeports français et nous remercie des plus sobrement. Peu de temps après tous les passagers s’affolent. Sans trop comprendre pourquoi tout le monde descend ou presque. Le train repart avec nous à l’intérieur qui n’avons pas eu le temps de rassembler nos bagages ! Une dame me fait signe qu’elle reste elle aussi et hausse les épaules !
Nous nous dirigeons vers un entrepôt où va s’effectuer les changements de roues pour la suite du trajet. L’écartement des voies change entre la Biélorussie et la Russie. Ce changement de « boogies » est assez impressionnant à voir. Les wagons sont soulevés très lentement, du fait, on ne s’en rend pas compte. Tom observe avec attention toute la scène et ne se recouchera que vers 6h du matin. Nous ne reverrons plus nos voisins de compartiments, nous en concluons qu’ils étaient donc tout simplement arrivés à destination !
La journée se passe au son des rails. Nouilles chinoises et thé accompagnent notre apprentissage accéléré du cyrillique. Tom est doué et commence à lire ses premiers écriteaux. Mon premier essai se fixe sur «РЕСТОРАН » soit restaurant. En fait, lorsque l’on connaît la prononciation des lettres, il est vrai que ça ressemble à un jeu et Tom s’amuse beaucoup !! Par la fenêtre on aperçoit des scènes de la vie quotidienne (dont un monsieur qui laboure sa parcelle de terre avec un cheval), des voitures (dont quelques Trabans) qui attendent que le train passe…
Pendant le trajet, on commence à s’inquiéter. S’arrête t-on vraiment à Rtiscevo ou doit-on aller jusqu’à Saratov. En effet, Saratov, ville du terminus du train est aussi une ville par laquelle passe le train qu’on souhaite prendre pour se rendre au Kazakhstan. La provodnistia nous trouve quelqu’un qui parle allemand et nous comprenons que Rtiscevo est une petite ville perdue au milieu de nulle part et que nous ne parviendrons que très difficilement à nous débrouiller seuls. Elle est d’accord pour qu’on reste dans le train et pourra nous accompagner à la gare de Saratov pour l’achat des futurs billets. Nous la remercions et restons donc à bord.
Il nous en coûtera au moins 60 euros en plus, il semble qu’elle se soit arrangé avec la fille qui vend les billets pour gonfler le prix de la 2eme classe (koupeyny), mais ça on s’en rendra compte que bien plus tard. Si on avait su on ne lui aurait pas filer notre paquet de TUC en remerciements !! En même temps elle nous a fait économiser quelques tracas, ayant obtenu les billets en 5 minutes… et cela doit expliquer le pourquoi elle a tant de dent en or !
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Commentaires
Hahahaha, je savait que vous vous feriez entuber par la provodnitsa (c’est ça la bonne prononciation) !! ![]()
Mais bon, c’est ça le charme de la Russie : on se fait avoir mais on y retourne encore et toujours…
Je pensais que le changement d’écartement des essieux était entre l’Allemagne et la Biélo-Russie ?
Ton écriture est truculente et savoureuse : j’adore…
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Tom m’étonnera toujours : apprendre le cyrillique au milieu du chemin , bravo, ce sera toujours utile! peut être dans le Péloponnèse, dans quelques temps!
A bientôt , si Dieu le veut!