Suite du D1249: le train 108 Saratov – Astana

TrainRusse

…s’en suit une attente mémorable de 8h à la gare de Saratov. Cette ville d’un million d’habitants dont nous ne connaitrons que les toilettes (très sales) de la gare et la boutique où nous aurons acheté quelques barres de chocolat et un paquet de gâteau. Ainsi que la salle d’attente pleine de familles en transit chargées de bagages. Il faut dire que les guides tel que le Lonely Planet attaque le moral. On ne bouge pas et on se plonge dans la lecture de journaux à chaque passage de police (assez régulier, il faut bien le dire). On a vraiment peur de se faire encore prendre des sous pour rien, alors, on patiente…

On lit le tableau d’affichage, ce dernier indique la gare d’origine, de terminus du train et l’heure d’arrivée du train selon l’heure de Moscou et pas selon l’heure locale (Tous les trains et les gares russes sont à l’heure de Moscou ce qui peut occasionner de gros décalage avec l’heure locale!)…. Il y est noté aussi, le nombre de minutes pendant lesquelles le train reste en gare. Le notre reste 38 minutes. Heureusement, parce qu’une minute avant le départ le quai n’est toujours pas affiché, le stress ! Et s’il était annulé !

22h47, enfin, le quai du train 108 Kiev-Astana apparaît. Nous fonçons vers le quai numéro 5, en évitant du regard les policiers, vigiles et autres auxiliaires de police sans uniforme dans les couloirs, et nous présentons nos billets à notre nouvelle provodnistia puis nous montons de nouveau en voiture. Cette fois-ci, nous partageons le wagon de quatre couchettes avec deux russes. Un professeur de médecine se rendant à une conférence à Orenburg et un autre russe, retraité, se rendant à Astana pour y voir son fils. Nous essayons tant bien que mal de communiquer et cela nous donne des échanges des plus sympathiques. Les photos de familles sont appréciées et nous nous rendons compte à quel point la culture française s’exporte bien (Bourvil, Fanfan la Tulipe, Jean Gabin, etc…). Tout le monde apprécient nos efforts et nous sommes heureux de pouvoir nous faire comprendre un minimum…
Première nuit. 5H00 du matin, réveil par les douaniers russes cette fois. Contrôle des passeports. Parlez-vous russe ? Toujours pas, Non nous sommes français. Arrrggh. Ok. Les douaniers partent avec nos passeports et le plus stressant et que pendant l’arrêt du train personne n’ose rien faire, c’est à peine si on respire. Il n’y a qu’à attendre….attendre, attendre !
On nous rend les passeports avec un tampon sur la page d’à côté du visa. OUF. Puis entrée au Kazakhstan et nouveau contrôle.
A la lecture poussée des guides, la panique continue de monter; on pourrait nous demander un visa à double entrée pour la Russie. En effet, le train passe de Russie au Kazakhstan puis repasse en Russie pour re-rentrer au Kazakhstan. Le stress monte et si on était dans l’illégalité ? Notre visa couvre largement la période de passage du train mais ne comporte qu’une entrée et on devient vite parano à la lecture des guides. Nous demandons difficilement à la provodnistia si on ne devrait pas sortir du train à Uralsk à l’ouest du Kazakhstan pour ensuite rejoindre en bus une autre ville Aqtöbe, sortie qui nous permettrait de ne pas repasser par la Russie une nouvelle fois…
On nous conseil de rester. Au cours de la deuxième nuit les contrôles de douanes se succèdent toujours avec cette même longue attente… On nous demande de prendre notre température par deux fois, on nous demande aussi si on a des « Valyuty » (Devises), on fait semblant de ne rien comprendre…. un douanier qui parle un peu anglais nous demande notre itinéraire et semble nous trouver fou, et encore on lui a pas tout dit! « Turizm » ?? On n’entendra plus tard dans le couloir « Fransouski, multi-millionaire » !!!
Bouais, on a encore échappé à une demande de bakchich! Morale de l’histoire, même si on parle russe, mieux vaut avoir l’air niais et ne rien comprendre avec un grand sourire, ça marche plutôt bien avec les douaniers….
Notre professeur arrive à destination. Nous apprenons que la ville d’Orenburg a une académie de médecine très côté. Nous restons avec notre retraité que l’on a surnommé Fredericksen, qui se trouve être des plus attentionné avec nous. On jouera aux cartes avec lui, il nous nous nourrira de poivrons et autres pommes de sa datcha…. arrivé en gare d’Astana, il demande à son fils de nous accompagner jusqu’à notre hôtel. Nous sommes bien chanceux parce que sur l’enseigne il y a tout sauf le nom que l’on recherche, on aurait pu chercher longtemps. Encore merci Fredericksen pour toutes ses touchantes attentions à notre égard. Le voyage a été bien plus agréable et la provodnistia elle même a été bien étonnée de nous voir discuter ainsi tout au long de nos heures de voyage.

до свидания (Da Svidaniya : ce qui signifie au revoir ou bonne chance !)

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Commentaires

Je veux des leçons de cyrillique!! je pourrai peut être être plus efficace auprès de mes touristes russes!

c’est génial votre trip ! surtout restez bien niais avec les Russes !!
Plein de bonnes choses a vous deux.
Bizz

Spassiba! Merci de suivre nos aventures!
T’inquiètes, niais, t’apprends vite avec les douaniers ;o)

Purée, ces flics et douaniers russes, ils sont vraiment désagréables et rapiats partout !! J’ai des impressions de déjà-vu de mon Transsibérien en vous lisant, c’est dingue…
En tout cas, je suis contente que tu aies suivi mes conseils : « on essayera de te soutirer des devises (« valiouty » comme tu dis si bien), alors tu ne parles aucune langue étrangère (même pas l’anglais, on ne sait jamais) et tu fais ta grosse niaise débile ! »
Ça me désole qu’ils se comportent comme ça. Heureusement que votre Fredericksen était là ; heureusement que certains civils sont là pour rattraper le comportement déplorable des autorités…

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