Passage de la frontière en terrestre
Lundi 2 novembre 2009
Nous ne l’avons vécu qu’une seule fois pour l’instant et c’est déjà une fois de trop. Dire que des centaines de personnes empruntent ce chemin plusieurs fois par mois, on a dû mal à se l’imaginer. Depuis Chymkent où nous avons passé une courte nuit, nous cherchons un taxi collectif. Tom réussi à négocier le prix à 500 Tengés, un peu trop facilement peut-être, nous aurions dû nous méfier… Nous montons dans la voiture où deux autres passagers étaient déjà installés, en bref, on n’attendaient plus que nous pour partir. Il est commun que des personnes s’improvisent taxi pour arrondir leur fin de mois ou carrément gagner leur vie. Tout le monde peut le faire, il suffit de posséder une voiture.
Première surprise, le poste frontière de Chernyaevka est fermé aux étrangers. Le taxi continue sur Yallama après avoir déposé les deux autres passagers. Une bonne demi-heure plus tard, deuxième surprise, le chauffeur nous réclame plus d’argent. Un groupe de personne se forme autour de Tom. Le prix de la course s’est multiplié par 10 ! Note pour plus tard : Toujours fixer par écrit le prix de la course ce qui évitera bien des malentendus. Troisième surprise, celle-ci plus positive, quoique, Urs nous accoste ! Il a passé la nuit dans sa voiture, se trompant comme nous sur le lieu de passage. Il a donc loupé son rendez-vous et risque d’avoir besoin de la journée entière pour passer son véhicule.
Des dizaines de personnes attendent sous la pluie. Devant tout ce monde, une porte minuscule et un garde. On a l’impression d’être du bétail que l’on presse d’entrer dans un enclos. Une fois à l’intérieur, le contrôle du sac et de l’identité est une simple formalité. Après une marche dans le no man’s land sous la pluie, nous revoilà au bout d’une autre file encore plus importante. Un homme fait signe à Vivi de feindre une blessure au genou pour passer plus vite. La porte n’ouvre que 30 secondes toutes les 5 minutes. Tout le monde, surtout les mamies, pousse du coude pour passer. Un militaire fini par se percher sur une barrière et commence à hurler sur les personnes pour qu’elles reculent. Il est assez inflexible voire violent. Un autre placé dans la foule, éjecte sans ménagement ceux qui ne bougent pas assez vite. Coincés, nous ne pouvons faire un geste. Le regard du militaire surélevé se fait plus foncé et nous pointe du doigt. « Turist! » hurle-t-il et il nous fait signe d’avancer vers la grille. Il semble que le but de cette manœuvre était, en fait, de nous faire passer ! Après un nouveau passage sous scanner de nos sacs, nous donnons nos formulaires dûment remplis. Le garde ouzbek entoure scrupuleusement nos biens, tamponne, signe et nous laisse aller.
A peine sorti, des taxis nous sautent dessus. Ils nous proposent des prix prohibitifs. Il nous affirment que nous sommes à 90 kilomètres de Tachkent. Le guide nous dit que nous sommes à 15 minutes à pied. Nous refusons, et partons excédés. Un papy nous aborde et nous propose 15 dollars pour nous emmener, soit 25 de moins que les premiers. Une fois à bord et sur l’autoroute, il nous confirme que nous sommes bien à 70 kilomètres du centre ville. Merci le Lonely ! Au moins sur cette erreur, on aura eu droit à un prix pour backpacker un peu « plus raisonnable ».
PASSAGE DE LA FRONTIERE EN TERRESTRE
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Halalaaaa, ça a dû être une belle galère !!