Samarcande la magnifique
Mercredi 11 novembre 2009
Le dimanche matin nous reprenons le train pour Samarcande. Ville mythique, un des symboles de la Route de la Soie. Il fait toujours aussi froid, le ciel est gris et la pluie s’invite régulièrement. Notre guesthouse est située tout à côté du Registan, pièce maitresse du patrimoine ouzbek. Nous y rencontrons Conor, un nouveau-zélandais qui a déjà bien bourlingué. Ryan et John nous ont rejoint par la route. N’ayant pas pu acheter de billet de train le jour même, ils ont pris un taxi collectif. Nous attendrons le retour du ciel bleu pour faire les visites. Nous passons notre temps au bazar de la ville. C’est encore là qu’on se sent le mieux. Les marchands vous arrêtent pour vous proposer poisson, fruits secs ou châle en mohair, ambiance garantie. On a bien essayé de visiter la mosquée de Bibi Khanoum, mais la météo nous a empêché d’en profiter pleinement… Après deux jours de grisaille, Frisette doit malheureusement déjà repartir. Le temps est passé trop vite.
A notre 3ème et dernier jour, nous pouvons admirer la ville dans toute sa splendeur (et oui, le ciel bleu est enfin revenu!). Cela nous permet de profiter de contrastes et d’images de toute beauté. Ryan et John invitent Simon, croisé au Bahodir (nom de notre guesthouse) à se joindre à nous. Il est le premier irlandais à faire un tour du monde en vélo. Pour nous rendre aux différents sites nous empruntons la rue principale pavée et aseptisée. On se croirait dans l’allée centrale de Disneyland. Ce n’est qu’un décor à l’occidental. Derrière de grandes portes, de vraies habitations, bien réelles mais malheureusement cachées… Espérons que cette perte d’authenticité qui caractérise Samarcande ne se répande pas trop rapidement dans tout le pays.
Dans le guestbook de Bahodir, véritable œuvre d’art, il y a des conseils de voyage et un tas d’astuces pour backpackers. Certaines permettent d’échapper aux droit d’entrées des monuments. Par exemple, on nous conseille de passer par l’arrière d’un mausolée, dans un cimetière pour aller visiter le Chah-I-Zinde. Nous passons cependant par l’entrée principale. Une fois à la caisse on comprend vite l’utilité de ces astuces, un droit de photographier complètement exorbitant est à ajouter. Le Chah-I-Zinde est un ensemble de tombeaux magnifiques. Baigné dans la lumière, les briques émaillées bleues décorées de citations en écriture arabe enluminées sont somptueuses.
Nous poursuivons la visite par l’ensemble du Registan, le château de Versaille ouzbek, un ensemble de trois madrasas aux minarets penchés entourant une place centrale. Chaque madrasa est plus magnifiquement décorée l’une que l’autre. Pour vous donner une idée, la madrasa centrale Tilia Kari, a des plafonds couverts de feuilles d’or et de bleus azurs.
Nous finissons la journée par la visite du mausolée du Gour Emir qui étonne par sa modestie lorsque l’on découvre qu’il abrite le tombeau de Timour le Grand, le fameux héros national ouzbek érigé par le pouvoir actuel en valeur nationaliste. Le même Timour était perçu, 20 ans auparavant, comme un tyran sanguinaire de la trempe de Gengis Khan.
Les garçons s’offrent un nouvel hammam, nous décidons de rester tous les deux et de les rejoindre dans un restaurant plus tard dans la soirée. Ryan se fait inviter à trinquer à la vodka et n’arrive plus à s’en sortir. Il faut dire qu’ici on boit plus facilement la bouteille qu’un seul verre…
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