Tachkent, la ville des visas

Lada

Du lundi 16 novembre au mardi 1er décembre 2009

Nous ne sommes pas les premiers à nous être cassé les dents devant l’ambassade de Chine et certainement pas les derniers. A refaire, nous ajouterions ce visa à ceux demandés avant le départ de France. Arrivés à 7h00 du matin (alors que l’heure officielle d’ouverture est 9h00) nous ne serons pourtant pas sur la liste des dix qui auront le droit d’entrer pour faire leur demande. Certaines personnes attendent depuis plus de deux semaines pour être sur cette liste, c’est du délire !

Nous attendrons jusqu’à 13h, mais impossible, nos têtes ne reviennent pas au garde d’entrée qui nous dit qu’il nous faut revenir plus tard. Certaines personnes, sans numéro, seront pourtant passées et toutes les personnes inscrites seront arrivées bien après nous. « Y’a un truc » !!

Nous pensions avoir tout fait comme il faut, peut-être manquait-il un billet quelque part ? Nous nous sommes présentés la veille pour prendre des renseignements, le garde avait retenu notre nom, mais rien n’y fait, nous sommes à la 16ème place (de la liste non officielle). Après 6h dans le froid, l’ambassade ferme ses portes. Nous nous sentons effondrés.

Le lendemain, après avoir fait un nouvel essai pour nous faire inscrire sur la fameuse liste, nous voyons que nous ne pourrons pas être dans les 10 premiers encore une fois. Une dizaine de personne, déjà sur place pestent contre les gardes. La situation relève du grand n’importe quoi. Notre visa ouzbek arrive à expiration dans 15 jours, il nous faut prendre une décision. Nous changeons notre fusil d’épaule, non sans nous prendre la tête. Sans un passage par la Chine, la voie terrestre se ferme devant nous.

Après réflexion, nous nous rendons à l’ambassade du Kazakhstan et redemandons un visa. Puis dans la même matinée nous postulons pour un visa indien et kirghize. Jamais les choses auront été aussi rapides. Tous les visas n’ont donc pas les mêmes règles et vitesses d’obtention. Un voyage c’est beaucoup d’imprévu et d’adaptation, on le savait, mais… Contraint de prendre l’avion au bout de trois mois, on aurait préféré faire sans ! Nous étions dans les derniers à tenter la traversée par voie terrestre. Les conditions météo sont de plus en plus difficiles. Du coup, on peut se dire qu’on aura échapper aux tempêtes de neige annoncées, à la traversée du Tibet quasi impossible en hiver. L’Inde nous tend les bras. Cela ne va nous prendre que 3h de vol au départ d’Almaty, au lieu des 2 mois envisagés, hélas pour l’environnement et nos principes de voyage, l’avion est trop souvent la voie la plus simple.

En parallèle, nous constituons nos demandes pour le Permis Vacances Travail au Canada, c’est pour dans un an, mais c’est maintenant que ça se joue. Notre séjour sur Tachkent est donc des plus laborieux. Et ce dans les deux sens du terme. En effet, l’attente devant l’ambassade de Chine, le stress des demandes cumulé au froid, nous aura fait tomber « quelque peu » malade durant ces quinze jours. Le dernier weekend, nous voulions aller dans la vallée du Fergana réputée comme étant très hospitalière et dotée d’un artisanat d’une grande qualité. Sur le calendrier, ce dernier weekend correspond aux fêtes de l’Aid, fête nationale et musulmane, ce qui malheureusement pour nous, clos les ambassades. Pas de visas, pas d’escapade.

La famille de Gulnara reçoit de la famille et c’est l’occasion d’un sacrifice de mouton. L’ambiance est à la fête. Un mariage est célébré dans une maison voisine. Mais pour nous cela signifie surtout que nous sommes de nouveau bloqué sur Tachkent. Nous aurions été totalement désespéré si Joëlle et Damien n’avaient pas pointé le bout de leur nez. (Pour mémo, nous les avions rencontrés au Kazakhstan, Joëlle s’y était fait voler son passeport. Après avoir été persuadée de rentrer en France, elle a finalement eu la possibilité de le refaire faire in extremis sur place !).

Nous passons la fin de semaine ensemble. Samira et Stéphane, deux expatriés travaillant en Jordanie et passant leur vacances en Ouzbékistan se joignent à nous. Nous faisons quelques visites ensemble de cette ville que nous connaissons que par ses ambassades et ses taxis si facile à prendre pour se rendre d’un point à un autre. Tout le monde nous parle de l’Inde et de ses travers. Le choc des cultures, le bruit, le monde, la pollution…Damien et Joëlle auront un mois d’avance dans ce pays qui reste un grand mystère pour nous tous.

Le lundi (1er décembre), nous récupérons nos passeports à l’ambassade du Kirghizstan et les déposons dans la foulée à l’ambassade de l’Inde. Le soir, nous récupérons nos précieux documents avec un visa de six mois à entrées multiple. Joëlle et Damien s’envolent pour les Indes le soir même. Nous partons de notre côté pour le Kirghizstan, pays nature par excellence en Asie centrale où l’hiver peut être rude, mais ce pays nous fait vraiment envie. Nous quittons enfin Tachkent, mardi matin au dernier jour de notre visa, passeport et visas (kirghize, kazakh et indien) en poche !

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Commentaires

Quel dommage que vous n’ayez pas pu, me semble-t-il, visiter la ville de Tachkent !
Bravo et suis de tout coeur avec vous. Si pour moi les voyages lointains sont derrière moi, je continue le théâtre (Molière, Texte de G.Sand écrit par moi à partir de ses correspondances, Jean Anouilh avec un personnage de Colombe, etc…) et je recommence en ce moment la préparation de mon exposition d’art plastique pour laquelle je gère cette année 45 artistes et environ 130 oeuvres + le catalogue de celle de l’an dernier que je viens de finir. Il est à votre disposition!!! Bises.

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