Près d’un lac, nous nous sommes endormis…

Aigle

Du dimanche 13 décembre au mardi 15 décembre 2009

Nous voyageons désormais seuls, (Allison est rentrée à Bichkek pour les visas) en suivant la rive sud du lac Issy-Kul. Après un arrêt rapide à Barskoön pour tenter de visiter une fabrique de yourtes qui se révèle fermée pendant l’hiver, nous marchons vers Tamga, et finissons par trouver une auto en stop. Nous arrivons dans l’épicerie de ce gros village à population russe, en face d’un sanatorium autrefois destiné à la détente des soldats soviétiques. L’épicier tient également une guesthouse mais sa femme étant partie à la capitale, il nous confie à un couple de sexagénaire russe Olga et Valentine, qui nous accueillent dans leur petite maison. Nous dormirons dans l’ancienne chambre de leur fille. On trouve dans le bureau des cahiers d’écoles qui datent du temps de l’URSS. La barrière de la langue se révèle frustrante, nous aimerions partager bien plus avec ce couple.

Le lendemain nous reprenons la route vers Kadji-Sai, à 20 kilomètres de là. Nous arrivons prés de la plage et de la station service, dans une ville déserte, une impression de film de western nous envahi. Il n’y a que le vent qui brise le silence de cet endroit. Les propriétaires de la guesthouse où nous voulons dormir sont partis à Karakol. Nous posons nos sacs en face de l’entrée et partons nous promener au bord du lac, en prenant des photos sur le ponton de bois qui s’avancent sur les eaux grises. Le paysage d’eau et de montagnes qui nous fait face, alternativement éclairé par le soleil ou caché par les nuages noirs est superbe.

Le propriétaire est également un chasseur à l’aigle. A son arrivée, il nous fait voir et porter son aigle, un oiseau impressionnant de 6 kilos. Nous avons tout loisir de le prendre en photo perché sur une branche.

Après la séance photo, nous nous enfonçons vers la montagne où reposent le centre du village, constitué de vieilles barres d’immeubles soviétiques à moitié abandonnées. Trois épiceries, probable reste des magasins d’état soviétique, se battent en duel sur une place déserte. L’appel à la prière de la mosquée résonne dans l’air froid du soir, dans un ciel bleu grisâtre où s’étire en longues traînées blanches la fumée des foyers. Nous regagnons entre chien et loup notre guesthouse près du lac.

En plein milieu de la nuit, le patron qui avait passé la soirée dehors, viendra nous réveiller, complètement saoul, il veut absolument dire à Tom à quel point il l’apprécie. Il semblerait que les hommes dilapident facilement l’argent dans la vodka et que les femmes jouent le rôle de coffre-fort . Un peu honteuse, notre hôtesse récupère son mari et nous souhaite de nouveau une bonne nuit.

Nous aurons passé un bon moment. Le lendemain au moment de régler , nous sommes amers. On nous réclame le double de ce qui était prévu. On parviendra à refaire descendre l’addition, mais il est dommage de finir ce court séjour par cette note désagréable.

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