Fais pas bon d’être un poulet au pays de la vache sacrée !

Bassin

Du samedi 27 février au vendredi 12 mars 2010

Ce passage en ville nous a donné envie de revenir citadin. Non que nous étions fatigués de la plage mais un repas avec quelques backpackers, suivant la Banana Pancake Highway et se dirigeant tous vers d’autres plages, celles de Thaïlande, nous ont définitivement convaincu de retourner, comment dire, plus près des habitants et pour l’heure plus en Inde! Gokarna est une ville sacrée, dont le surnom serait le « petit Benarès ». L’accès aux temples y est strictement interdit aux étrangers, sans qu’on en connaisse vraiment la raison, mais on peut y croisés de nombreux brahmanes, des indiens de la caste la plus élevée. C’est d’ailleurs pour cette raison que la fête de Holy n’y sera pas célébrée dans quelques jours. Holy est une fête où on se jette des couleurs qui ne sont nettoyées qu’avec la mousson et les religieux brahmanes n’ont pas envie de vivre avec ses couleurs sur leurs murs si longtemps. Dommage pour nous.

Nous recroisons François « bon matin », notre québécois d’Arambol. Il nous dit avoir croisé Yanis et Sarah (le jeune couple au violoncelle), mais après un arrêt à leur guesthouse nous verrons qu’ils sont déjà repartis. Nous revoyons François à plusieurs reprises aux heures de repas. Il vit sur la plage de Kudle Beach. Il y prend des cours de yoga. Avec une location de vélo il explore tous les environs et fais des vidéos de ses découvertes. Il nous présentera Poncho, un breton qui vient tous les ans ici depuis quatre ans pour s’y ressourcer. Il offre des cours de méditations chaque fin d’après midi dans sa maison louée au bord de la plage. Il ne se déplace qu’en Royal Enfield. Ici, il a trouvé une voie spirituelle grâce au vipassana.

De nombreux habitants se rejoignent sur la plage de la ville au soleil couchant pour y discuter sur le sable, mettre quelques pieds dans l’eau ou s’y mouiller tout habillé. Très longue, elle sera parfaite pour y faire le footing du matin. Un autre plan d’eau est lieu de rendez-vous. Un grand bassin qui sert d’endroit pour faire des ablutions mais aussi sa lessive ! En marchant avec François, on croise un temple avec des ex-voto en forme de cobra. Un passant nous explique que ce lieu est destiné aux personnes qui ont envie d’avoir des enfants ou qui ont des soucis avec leur sexualité !

Rencontre avec Jeanine qui a vécu toute sa jeunesse dans le 18ème. On aurait pu être voisins! Elle nous parle du boulevard Rochechouart, des cinémas thématiques qu’on pouvait y trouver. Les salles obscures avaient un thème bien particulier, une pour les westerns, une pour les policiers, une pour les films d’amour et avant chaque film, on pouvait visionner les actualités…. elle nous dit aussi qu’il y avait le cirque Médrano tout près de son école et qu’elle entendait les lions rugir alors qu’elle était en classe ! On a dû mal à croire qu’elle vient de dépasser ses soixante quinze printemps. Voyageuse dans l’âme, elle se rend seule en Inde depuis plusieurs années pour deux mois et demi pendant lesquels elle parcoure cet immense territoire petit à petit. Cette année, sa belle fille l’a rejoint pour quelques semaines, c’est la première fois que quelqu’un de proche partage son périple et Jeanine a hâte de rentrer pour pouvoir en parler avec elle. Nous passerons plusieurs soirées bien agréables ensemble au restaurant du bord de la plage où la brise marine est des plus sympathique par ces températures.

Les derniers jours, nous parcourons les échoppes pour compléter les quelques cadeaux que nous souhaitons envoyer à nos familles. Bâtonnets d’encens, bracelets en verre, pachmina, sac coloré et lunghi, qui sont les tissus de diverses couleurs que portent les hommes, (chacune d’elle ayant une signification bien précise), thé et cartes postales à l’effigie de divinité. Vivi s’aventure à la recherche de la poste qui s’occupe de l’envoi des colis, celle du centre ville ne s’occupant que du courrier. François nous avait indiqué une boîte aux lettres rouges sur le devant. Vivi se fait aborder comme d’habitude par un auto-rickshaw. « Nahin, nahin, No thank you !!! ». Puis, elle se ravise et demande où se trouve l’endroit pour faire les parcels pour la poste et mime le geste de couture. Mabou, aux aguets, lui demande de le suivre. Son frère est tailleur et prépare les colis. Une fois le paquet cousu, Mabou convie Vivi à le suivre de nouveau pour la poste. L’endroit est frais, ça fait du bien par cette chaleur !

Sur le chemin du retour, il lui demande si elle a eu l’occasion de visiter des temples. Non, malheureusement et pour cause, rappelez-vous, à Gokarna, l’accès aux temples est fermé aux étrangers. Il lui propose de le suivre une nouvelle fois. Voilà Vivi conviée à l’intérieur d’un temple plein de cloches accrochées au plafond que chacun fait sonner une ou deux fois à son entrée. On y entre en suivant le sens de aiguilles d’une montre. Un espace laisse apercevoir la divinité. Mabou demande à Vivi de sonner la cloche et de s’asseoir. « Tu souhaites faire un puja (offrande)? » « Pourquoi pas ?! ». Mabou revient quelques minutes plus tard avec un plateau contenant, noix de coco, bananes, fleurs, sucres. Le plateau doit être présenté aux brahmanes qui fait la bénédiction. Moment privilégié. Elle apprend avant de sortir du temple que chaque jour des poulets sont sacrifiés aux dieux.

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