Pondichichi!
Du jeudi 25 au dimanche 28 mars 2010
Nous quittons Fort Cochin et la cote Ouest en direction de la côte Est, à destination de Pondichéry. Le train nous emmène d’abord sur Chennai (anciennement Madras) que nous traversons en auto-rickshaw. François et Vincent prennent la température de la circulation dans les grandes villes. Ils ont bien cru y mourir trois ou quatre fois. Après un second train, il nous faut reprendre la route. Nos invités décident de nous offrir le taxi cette fois, et c’est comme cela que nous nous retrouvons dans une magnifique Ambassador toute blanche qui nous conduit au bord de la mer. Vincent et François souhaitent dormir dans un hôtel moyen de gamme, la nuit tombant, nous y prenons également une chambre. Cet hôtel fait partie de la société Sri Aurobindo qui gère l’héritage culturel et patrimonial de Sri Aurobindo, philosophe et fondateur de l’ashram où sont enseignées ses idées, et de sa femme française que l’on nomme « Mother » ou Mère fondatrice d’Auroville.
L’accueil est froid et austère tout comme les chambres où trônent les portraits des deux fondateurs, Sri Aurobindo et Mother, que nous nous empressons de retourner, le regard de Mother fait froid dans le dos! La photo de La Mère et son regard glacial se retrouve dans des bâtiments gris et blanc aux quatre coins de la ville, car la société Sri Aurobindo possède une grande partie des batiments dans l’ancienne ville coloniale. Elle deviendra vite « celle-dont-on-ne-dit-pas-le-nom » comme un mot de passe pour se détacher de cette impression de secte qui nous envahi dès les premiers instants. L’hébergement à beau être au bord de l’eau, nous n’y passerons qu’une nuit. Vincent et François préfèrent rester, même si eux aussi trouve l’endroit des plus étranges.
Nous quittons les lieux, mais pour nous retrouver chez les mêmes propriétaires ! L’accueil n’y ait pas mieux, le premier responsable prétend qu’il ne reste plus de chambres à Tom, mais dit oui à Vivi qui revient un quart d’heure plus tard, pour un hôtel qui se révèle presque vide. Le règlement intérieur est pire qu’un pensionnat pour jeunes délinquants avec couvre feu à 22h30, mais le coût est dérisoire. On a le droit de rien et toujours ces mêmes portraits partout. On doit faire attention à notre budget, nous prenons la chambre. Toutes ces restrictions, ces accueils froids, ces méfiances font que nous garderons un très mauvais souvenir de la ville. Nous n’arriverons pas au cours de nos balades dans le quartier français, aux noms évocateurs comme la rue de Suffren ou la rue Saint Louis, à trouver quelque chose pour nous faire sentir mieux. Bien sûr, il y une boulangerie avec des croissants, des vrais de vrais. Mais cela ne suffit pas. Seule la partie indienne, de l’autre côté de la rivière, plus colorée avec ses temples et ses vaches, nous donnera une image vivante de la ville. Nous partons après seulement trois jours, sans même visiter Auroville comme prévu initialement. Pour nous quatre, l’impression de lourdeur de « Pondi Chichi » n’est pas seulement dû à la chaleur ambiante.
Mahaballipuram est notre dernière étape ensemble. Cette petite ville est surtout réputée pour ses quelques temples et ses sculpteurs de pierre. Un anglais Stephen Cox, spécialiste des sculptures monumentales, y a même posé son atelier pour y exercer son art. Bien que la ville soit en bord de mer, nous n’irons pas sur la plage qui est d’une rare saleté. Nous visitons les temples, qui valent le détour, au lever et au coucher du soleil. Lors d’une de nos visites, nous sommes rejoins par quatre-vingt demoiselles aux habits chatoyants en voyage scolaire. Fous rire et bonne humeur garantis.
C’est déjà l’heure de nous quitter. François et Vincent reprennent la route seuls cette fois vers Goa. Ils y découvriront le Sud de l’Etat avec Palolem pour quelques jours de repos au soleil avant de rentrer en France. Nous restons une nuit de plus avant de reprendre la route à notre tour mais vers le Nord. Lors d’une balade entre deux sites classés, un sculpteur nous accoste. Nous l’avions croisé la veille et Vivi le cherchait du regard pour le saluer. Installé de l’autre côté de la rue, c’est lui qui nous interpelle. Il nous convie dans son magasin un instant. Nous discutons un bon moment avec lui. Aucune proposition de vente d’objet ou de quoique ce soit. C’est un peu comme-ci, il avait quelque chose, un message à nous transmettre. Cela fait quatre mois que nous sommes en Inde et il nous dit que nous somme prêts pour aller à la découvert de Varanasi. En partant, il nous offre un médaillon et son plus grand sourire. Curieuse et belle rencontre.
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