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Pondichichi!

Du jeudi 25 au dimanche 28 mars 2010
Nous quittons Fort Cochin et la cote Ouest en direction de la côte Est, à destination de Pondichéry. Le train nous emmène d’abord sur Chennai (anciennement Madras) que nous traversons en auto-rickshaw. François et Vincent prennent la température de la circulation dans les grandes villes. Ils ont bien cru y mourir trois ou quatre fois. Après un second train, il nous faut reprendre la route. Nos invités décident de nous offrir le taxi cette fois, et c’est comme cela que nous nous retrouvons dans une magnifique Ambassador toute blanche qui nous conduit au bord de la mer. Vincent et François souhaitent dormir dans un hôtel moyen de gamme, la nuit tombant, nous y prenons également une chambre. Cet hôtel fait partie de la société Sri Aurobindo qui gère l’héritage culturel et patrimonial de Sri Aurobindo, philosophe et fondateur de l’ashram où sont enseignées ses idées, et de sa femme française que l’on nomme « Mother » ou Mère fondatrice d’Auroville.
L’accueil est froid et austère tout comme les chambres où trônent les portraits des deux fondateurs, Sri Aurobindo et Mother, que nous nous empressons de retourner, le regard de Mother fait froid dans le dos! La photo de La Mère et son regard glacial se retrouve dans des bâtiments gris et blanc aux quatre coins de la ville, car la société Sri Aurobindo possède une grande partie des batiments dans l’ancienne ville coloniale. Elle deviendra vite « celle-dont-on-ne-dit-pas-le-nom » comme un mot de passe pour se détacher de cette impression de secte qui nous envahi dès les premiers instants. L’hébergement à beau être au bord de l’eau, nous n’y passerons qu’une nuit. Vincent et François préfèrent rester, même si eux aussi trouve l’endroit des plus étranges.
Nous quittons les lieux, mais pour nous retrouver chez les mêmes propriétaires ! L’accueil n’y ait pas mieux, le premier responsable prétend qu’il ne reste plus de chambres à Tom, mais dit oui à Vivi qui revient un quart d’heure plus tard, pour un hôtel qui se révèle presque vide. Le règlement intérieur est pire qu’un pensionnat pour jeunes délinquants avec couvre feu à 22h30, mais le coût est dérisoire. On a le droit de rien et toujours ces mêmes portraits partout. On doit faire attention à notre budget, nous prenons la chambre. Toutes ces restrictions, ces accueils froids, ces méfiances font que nous garderons un très mauvais souvenir de la ville. Nous n’arriverons pas au cours de nos balades dans le quartier français, aux noms évocateurs comme la rue de Suffren ou la rue Saint Louis, à trouver quelque chose pour nous faire sentir mieux. Bien sûr, il y une boulangerie avec des croissants, des vrais de vrais. Mais cela ne suffit pas. Seule la partie indienne, de l’autre côté de la rivière, plus colorée avec ses temples et ses vaches, nous donnera une image vivante de la ville. Nous partons après seulement trois jours, sans même visiter Auroville comme prévu initialement. Pour nous quatre, l’impression de lourdeur de « Pondi Chichi » n’est pas seulement dû à la chaleur ambiante.
Mahaballipuram est notre dernière étape ensemble. Cette petite ville est surtout réputée pour ses quelques temples et ses sculpteurs de pierre. Un anglais Stephen Cox, spécialiste des sculptures monumentales, y a même posé son atelier pour y exercer son art. Bien que la ville soit en bord de mer, nous n’irons pas sur la plage qui est d’une rare saleté. Nous visitons les temples, qui valent le détour, au lever et au coucher du soleil. Lors d’une de nos visites, nous sommes rejoins par quatre-vingt demoiselles aux habits chatoyants en voyage scolaire. Fous rire et bonne humeur garantis.
C’est déjà l’heure de nous quitter. François et Vincent reprennent la route seuls cette fois vers Goa. Ils y découvriront le Sud de l’Etat avec Palolem pour quelques jours de repos au soleil avant de rentrer en France. Nous restons une nuit de plus avant de reprendre la route à notre tour mais vers le Nord. Lors d’une balade entre deux sites classés, un sculpteur nous accoste. Nous l’avions croisé la veille et Vivi le cherchait du regard pour le saluer. Installé de l’autre côté de la rue, c’est lui qui nous interpelle. Il nous convie dans son magasin un instant. Nous discutons un bon moment avec lui. Aucune proposition de vente d’objet ou de quoique ce soit. C’est un peu comme-ci, il avait quelque chose, un message à nous transmettre. Cela fait quatre mois que nous sommes en Inde et il nous dit que nous somme prêts pour aller à la découvert de Varanasi. En partant, il nous offre un médaillon et son plus grand sourire. Curieuse et belle rencontre.
Couleurs du Kerala

Du samedi 13 au mercredi 24 mars 2010
Nous avons de la visite. Vincent et François, l’oncle de Tom, ont atterri à Panaji et après 15 jours à Gokarna, nous sommes remontés vers Goa pour les accueillir et les emmener passer quelques jours dans les huttes d’Arambol. Ils sont là pour à peine 3 semaines et dès la sortie de l’avion, ils savent qu’ils vont revenir !!! Nous leur faisons découvrir la ville et sa rue commerçante, le village aux couleurs plus indiennes, la plage et ses restaurants (Crazy Mama et le Rice Bowl), la petite boulangerie et ses « chocoball », les massages ayurvédiques, bref, tout ce qu’on a eu le temps d’expérimenter.
Cap sur le Sud. Il fait déjà bien chaud, mais tout le monde a envie d’aller faire un tour dans les « backwaters » du Kérala. Pour se déplacer, beaucoup prennent le taxi sur de courte distance et l’avion pour les plus grandes. Nos amis souhaitent vivre ce séjour comme un bout de notre voyage, nous les emmenons donc en direction de la gare ! La chaleur est telle que Vincent et François expriment tout de même un bémol et prennent deux couchettes avec air conditionné. Rassemblé devant un thé et quelques gâteaux le lendemain matin, ils nous avouent qu’ils nous rejoindront la prochaine fois en sleepers, tous deux étant bon pour un gros mal de gorge.
Kochi, anciennement Cochin, est notre premier arrêt. Ancien comptoir portugais, hollandais puis britannique, la ville a gardé une nonchalance des plus plaisante. Quelques filets de pêcheurs qui seraient une trace du passage des chinois, une grande place, de grands arbres centenaires et une architecture coloniale. Notre guesthouse est juste en face d’un café-galerie d’art où se mêle, jeunes indiens branchés et touristes, autour de petit-déjeuners et autres pâtisseries. Les propriétaires ont ouvert un restaurant dans une rue pas loin de là où l’on y déguste de bons plats locaux avec une touche occidentale. Un salon de thé et un autre restaurant découverts par Vincent nous verrons passés plusieurs fois leurs portes. Comme vous l’aurez compris, on a fait le plein de bonnes choses…
Mais c’est aussi là qu’il nous arrive l’une des plus grosse tuile du voyage. Alors que Vivi discute avec François, elle voit Tom tomber à l’eau. Invité par un pêcheur à voir les filets chinois de plus près, il glisse et se retrouve trempé. Cela n’aurait pas été bien grave si son appareil photo n’était pas tombé à l’eau avec lui. Après plusieurs aller-retour dans un laboratoire Canon, nous décidons de ne pas le faire réparer, c’est bien trop onéreux. Gros coup de déprime pour Tom.
François a réservé un tour dans les backwaters avec notre hôtel. La journée nous fait du bien. La matinée est consacrée aux petits canaux avec visite de quelques ateliers de fabrique de corde en fibre de coco et production de poivre et noix de muscade. On découvre une végétation luxuriante. Après un délicieux thali, nous embarquons à bord d’un bateau traditionnel couvert pour une après-midi de navigation. Nous passerons également une journée à nous faire masser dans une centre ayurvédique dans une petite île en face de Fort Cochin. Nous y rencontrons Eric, un flamand qui s’y fait soigner depuis quelques jours. L’ambiance est des plus relaxante et les propriétaires sont d’une extrême gentillesse.
Fais pas bon d’être un poulet au pays de la vache sacrée !

Du samedi 27 février au vendredi 12 mars 2010
Ce passage en ville nous a donné envie de revenir citadin. Non que nous étions fatigués de la plage mais un repas avec quelques backpackers, suivant la Banana Pancake Highway et se dirigeant tous vers d’autres plages, celles de Thaïlande, nous ont définitivement convaincu de retourner, comment dire, plus près des habitants et pour l’heure plus en Inde! Gokarna est une ville sacrée, dont le surnom serait le « petit Benarès ». L’accès aux temples y est strictement interdit aux étrangers, sans qu’on en connaisse vraiment la raison, mais on peut y croisés de nombreux brahmanes, des indiens de la caste la plus élevée. C’est d’ailleurs pour cette raison que la fête de Holy n’y sera pas célébrée dans quelques jours. Holy est une fête où on se jette des couleurs qui ne sont nettoyées qu’avec la mousson et les religieux brahmanes n’ont pas envie de vivre avec ses couleurs sur leurs murs si longtemps. Dommage pour nous.
Nous recroisons François « bon matin », notre québécois d’Arambol. Il nous dit avoir croisé Yanis et Sarah (le jeune couple au violoncelle), mais après un arrêt à leur guesthouse nous verrons qu’ils sont déjà repartis. Nous revoyons François à plusieurs reprises aux heures de repas. Il vit sur la plage de Kudle Beach. Il y prend des cours de yoga. Avec une location de vélo il explore tous les environs et fais des vidéos de ses découvertes. Il nous présentera Poncho, un breton qui vient tous les ans ici depuis quatre ans pour s’y ressourcer. Il offre des cours de méditations chaque fin d’après midi dans sa maison louée au bord de la plage. Il ne se déplace qu’en Royal Enfield. Ici, il a trouvé une voie spirituelle grâce au vipassana.
De nombreux habitants se rejoignent sur la plage de la ville au soleil couchant pour y discuter sur le sable, mettre quelques pieds dans l’eau ou s’y mouiller tout habillé. Très longue, elle sera parfaite pour y faire le footing du matin. Un autre plan d’eau est lieu de rendez-vous. Un grand bassin qui sert d’endroit pour faire des ablutions mais aussi sa lessive ! En marchant avec François, on croise un temple avec des ex-voto en forme de cobra. Un passant nous explique que ce lieu est destiné aux personnes qui ont envie d’avoir des enfants ou qui ont des soucis avec leur sexualité !
Rencontre avec Jeanine qui a vécu toute sa jeunesse dans le 18ème. On aurait pu être voisins! Elle nous parle du boulevard Rochechouart, des cinémas thématiques qu’on pouvait y trouver. Les salles obscures avaient un thème bien particulier, une pour les westerns, une pour les policiers, une pour les films d’amour et avant chaque film, on pouvait visionner les actualités…. elle nous dit aussi qu’il y avait le cirque Médrano tout près de son école et qu’elle entendait les lions rugir alors qu’elle était en classe ! On a dû mal à croire qu’elle vient de dépasser ses soixante quinze printemps. Voyageuse dans l’âme, elle se rend seule en Inde depuis plusieurs années pour deux mois et demi pendant lesquels elle parcoure cet immense territoire petit à petit. Cette année, sa belle fille l’a rejoint pour quelques semaines, c’est la première fois que quelqu’un de proche partage son périple et Jeanine a hâte de rentrer pour pouvoir en parler avec elle. Nous passerons plusieurs soirées bien agréables ensemble au restaurant du bord de la plage où la brise marine est des plus sympathique par ces températures.
Les derniers jours, nous parcourons les échoppes pour compléter les quelques cadeaux que nous souhaitons envoyer à nos familles. Bâtonnets d’encens, bracelets en verre, pachmina, sac coloré et lunghi, qui sont les tissus de diverses couleurs que portent les hommes, (chacune d’elle ayant une signification bien précise), thé et cartes postales à l’effigie de divinité. Vivi s’aventure à la recherche de la poste qui s’occupe de l’envoi des colis, celle du centre ville ne s’occupant que du courrier. François nous avait indiqué une boîte aux lettres rouges sur le devant. Vivi se fait aborder comme d’habitude par un auto-rickshaw. « Nahin, nahin, No thank you !!! ». Puis, elle se ravise et demande où se trouve l’endroit pour faire les parcels pour la poste et mime le geste de couture. Mabou, aux aguets, lui demande de le suivre. Son frère est tailleur et prépare les colis. Une fois le paquet cousu, Mabou convie Vivi à le suivre de nouveau pour la poste. L’endroit est frais, ça fait du bien par cette chaleur !
Sur le chemin du retour, il lui demande si elle a eu l’occasion de visiter des temples. Non, malheureusement et pour cause, rappelez-vous, à Gokarna, l’accès aux temples est fermé aux étrangers. Il lui propose de le suivre une nouvelle fois. Voilà Vivi conviée à l’intérieur d’un temple plein de cloches accrochées au plafond que chacun fait sonner une ou deux fois à son entrée. On y entre en suivant le sens de aiguilles d’une montre. Un espace laisse apercevoir la divinité. Mabou demande à Vivi de sonner la cloche et de s’asseoir. « Tu souhaites faire un puja (offrande)? » « Pourquoi pas ?! ». Mabou revient quelques minutes plus tard avec un plateau contenant, noix de coco, bananes, fleurs, sucres. Le plateau doit être présenté aux brahmanes qui fait la bénédiction. Moment privilégié. Elle apprend avant de sortir du temple que chaque jour des poulets sont sacrifiés aux dieux.
Cap au Sud

Du mercredi 24 au vendredi 26 février 2010
Nous prenons un train local en gare de Pernem. Sur le quai nous rencontrons Antoine un français avec qui nous échangeons paroles et bouquins. Il remonte sur Bombay rejoindre sa copine qui y fait un stage à l’Alliance Française. Il nous raconte ses aventures en Inde dont son périple en vélo indien (assez lourd) qui lui a fait suivre toute la côte de Mumbai à Goa.
En Inde, portes et fenêtres des trains restent le plus souvent ouvertes. C’est agréable de pouvoir s’asseoir sur le pas de la porte et de regarder le paysage défiler. Images de cartes postale, images qu’on se faisait du pays avant d’y arriver. Mais au delà de cette liberté agréable pour nous simple voyageur, cela révèle surtout que les gens sont responsables d’eux-mêmes ici, la compagnie des trains déclinant toute responsabilité en cas de chute éventuelle. Les accidents sont malheureusement fréquents quand les trains sont bondés.
Stop à Margao le temps d’un changement pour Gokarna. Cet arrêt de plus de trois heures nous laisse le temps d’aller manger en ville. Nous nous attablons dans un bistrot à l’atmosphère coloniale qui semble avoir conservé son âme portugaise d’antan. Il est trop tôt pour déjeuner, peu importe, nous commandons un petit-déj ! Midi étant arrivé, nous le faisons suivre d’un « chicken fried rice », un plat qui ne déçoit pratiquement jamais. Vivi joue la gourmande et commande un dessert, une spécialité de Goa, un flan, le bebinca. Le thé est délicieux et l’ambiance nonchalante.
Nous arrivons en gare de Gokarna Road. De nombreux auto-rickshaw nous proposent toutes sortes de prix extravagants en direction de Om Beach, notre destination. Vivi interpelle deux occidentaux pour leur proposer de partager un véhicule. En route, Eric nous dit qu’il est arrivé il y a à peine trois semaines des Alpes. Sa compagne de voyage, qu’il a rencontré dans le train est grecque et ne vient que pour quelques heures en repérage d’une plage où séjourner les prochains jours. Eric va rejoindre de la famille dans un hébergement de luxe.
Nous nous trouvons une petite chambre au bord de l’eau pour moins de trois euros. On aura jamais été aussi proches des vagues. L’endroit est simple, la douche rustique, mais le propriétaire est sympathique et propose de la bonne cuisine. Les vaches sont ici plus nerveuses et sportives qu’à Arambol et effectuent de spectaculaires courses poursuites.
Un sentier le long de la côte permet de rejoindre des plages inaccessibles par la route. Le long de ce sentier, quelques huttes perdues au milieu de nulle part. Paradise beach est l’une d’elles mais ne nous fait pas l’effet escompter. Un panneau y interdit la baignade! Nous décidons de prendre un bateau pour aller voir à quoi ressemble la ville de Gokarna. Beaucoup disent que cette ville à conserver une atmosphère typique très rurale et religieuse.
Apéro et violoncelle

Du vendredi 5 au mercredi 24 février 2010
Après les premiers jours où nous ne savions pas trop comment nous adapter à l’ambiance générale de vacances, nous trouvons notre rythme et profitons pleinement de ce qui nous entoure. Dormir au bord de l’eau avec le bruit des vagues, nous n’allions tout de même pas nous en plaindre. Pas besoin de madame météo. Tous les jours, le soleil brille. C’est assez étrange de se dire que chez nous, la neige tombe encore. Le matin, on peut avec un peu de chance observer des dauphins au loin et en soirée, des singes viennent nous rendre visite près des huttes.
Nous profitons des bienfaits des massages ayurvédiques. Tom est toujours un peu patraque depuis Mumbai. Nous nous arrêtons devant un établissement qui ressemble à un cabinet médical où figure deux noms de docteurs. On se décide à entrer pour consulter. L’endroit est en fait un espace ayurvédique où l’on propose massages et cours de yoga, en plus des consultations. Le côté scientifique de Tom ressort et le rend méfiant. La doctoresse lui diagnostique un problème de sinus et se préoccupe, dans un premier temps, de son régime alimentaire. Cet aspect est bien trop malheureusement négligé dans la médecine occidentale. Après plusieurs conseils de diététique, il se laisse prescrire quelques massages. Son mal disparaît pour de bon et de façon spectaculaire en 4 jours seulement. Vivi se laisse tenter à son tour. Son mal concerne les deux tendons d’Achille. Première chose abandonner les birkenstock qui sont mal adaptés à ses pieds. Des massages spécifiques lui sont prescrits. A la fin de la semaine thérapeutique, plus que satisfait des résultats sur notre santé, nous nous laissons tenter par les full body massage et leurs effets revigorants, à tester si vous passer par là !
Au bout de trois semaines, Tom est le premier réveillé pour aller courir puis nager dans la mer d’Oman. Après la course et la baignade rien de tel qu’un bon petit déjeuner. Avec notre nouveau régime alimentaire, conseillé par la doctoresse, nous mangeons un fruit avant chaque repas. Les journées se passent tranquillement. L’après-midi, chacun vaquent à ses activités. Nos voisines sont musiciennes et répètent leurs morceaux de flûte indienne et de violoncelle. Échange de musique ou de films, lectures, apprentissage des bolas… discussions autour du voyage. On refait et défait le monde et nos itinéraires. On envisage un stage de plongée en Thaïlande. Les soirées sont l’occasion de se retrouver autour de l’apéritif local hérité des portugais, le porto. Mais qui a dit qu’un tour du monde demandait beaucoup de courage ?
Arambol est un spot réputé pour le parapente. Urs, notre suisse volant rencontré au Kazakhstan, nous promet donc de nous y rejoindre bientôt. Notre rythme étant trouvé, nous prolongeons sans grande difficulté notre séjour. Nathalie et Sébastien, voisins de huttes et suisses plongeurs, décalent eux aussi leur retour en Suisse pour profiter un peu plus de leurs derniers jours de voyage. En allant à la recherche d’un cadeau pour l’anniversaire de Seb, Tom tombe nez à nez avec Urs et Katia. Cela faisait quelques jours que nous attendions leur arrivée. Ils n’ont pas eu le temps de nous écrire qu’ils étaient là que nous le rencontrions. Nous passons quelques belles après-midi en leur compagnie. Le parapente sur ce site unique à Goa est différent de celui que nous avons expérimenté au Kazakhstan. Ici, on décolle littéralement de la falaise et on peut même réatterrir à la même altitude si on le désire. On n’utilise pas les thermiques (courants d’air chaud) mais le vent qui remonte le long de la falaise pour voler sur un couloir aérien qui longe l’à-pic. Les conditions sont bonnes et nous prenons tour à tour l’envol. Sensations garanties.
Nous continuons de recroiser du monde, Vivi revoie Sue, la coréenne avec qui elle correspond depuis Bombay, ainsi que Momo, la japonaise. Michaël avant de reprendre la route en solitaire vers le Gujarat, recroise son amie Zoé rencontré à Dubaï, et nous reverrons de nouveau Jack sur son vélo cette fois, croisé sur la route alors que nous étions en scooter.
Parenthèse dans notre voyage, ces quelques semaines de vacances nous aurons fait du bien. Nous avons rencontrés de grands voyageurs comme Ivan et son amie Andréa grâce à Urs et Katia, ou encore Sébastien et Nathalie qui nous ont beaucoup appris et confortés dans notre vision d’appréhender la vie. Nous avons croisés la route de familles qui nous ont démontré que le voyage est possible avec des enfants. Nos voisins de huttes sont devenus pour la plupart des amis comme Guillaume qui échappe aux mois les plus tristes en France pour faire le plein de soleil et de bonne humeur à l’étranger et Yanis et Sarah, les deux jeunes étudiants voyageant avec un violoncelle, François « Bon Matin », notre joyeux ami québécois. Mais aussi Tobi et Lars qui ont partagé nos apéros et nos envies de refaire le monde. Rien de tel pour continuer de voyager serein !
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Du jeudi 25 au dimanche 28 mars 2010
Nous quittons Fort Cochin et la cote Ouest en direction de la côte Est, à destination de Pondichéry. Le train nous emmène d’abord sur Chennai (anciennement Madras) que nous traversons en auto-rickshaw. François et Vincent prennent la température de la circulation dans les grandes villes. Ils ont bien cru y mourir trois ou quatre fois. Après un second train, il nous faut reprendre la route. Nos invités décident de nous offrir le taxi cette fois, et c’est comme cela que nous nous retrouvons dans une magnifique Ambassador toute blanche qui nous conduit au bord de la mer. Vincent et François souhaitent dormir dans un hôtel moyen de gamme, la nuit tombant, nous y prenons également une chambre. Cet hôtel fait partie de la société Sri Aurobindo qui gère l’héritage culturel et patrimonial de Sri Aurobindo, philosophe et fondateur de l’ashram où sont enseignées ses idées, et de sa femme française que l’on nomme « Mother » ou Mère fondatrice d’Auroville.
L’accueil est froid et austère tout comme les chambres où trônent les portraits des deux fondateurs, Sri Aurobindo et Mother, que nous nous empressons de retourner, le regard de Mother fait froid dans le dos! La photo de La Mère et son regard glacial se retrouve dans des bâtiments gris et blanc aux quatre coins de la ville, car la société Sri Aurobindo possède une grande partie des batiments dans l’ancienne ville coloniale. Elle deviendra vite « celle-dont-on-ne-dit-pas-le-nom » comme un mot de passe pour se détacher de cette impression de secte qui nous envahi dès les premiers instants. L’hébergement à beau être au bord de l’eau, nous n’y passerons qu’une nuit. Vincent et François préfèrent rester, même si eux aussi trouve l’endroit des plus étranges.
Nous quittons les lieux, mais pour nous retrouver chez les mêmes propriétaires ! L’accueil n’y ait pas mieux, le premier responsable prétend qu’il ne reste plus de chambres à Tom, mais dit oui à Vivi qui revient un quart d’heure plus tard, pour un hôtel qui se révèle presque vide. Le règlement intérieur est pire qu’un pensionnat pour jeunes délinquants avec couvre feu à 22h30, mais le coût est dérisoire. On a le droit de rien et toujours ces mêmes portraits partout. On doit faire attention à notre budget, nous prenons la chambre. Toutes ces restrictions, ces accueils froids, ces méfiances font que nous garderons un très mauvais souvenir de la ville. Nous n’arriverons pas au cours de nos balades dans le quartier français, aux noms évocateurs comme la rue de Suffren ou la rue Saint Louis, à trouver quelque chose pour nous faire sentir mieux. Bien sûr, il y une boulangerie avec des croissants, des vrais de vrais. Mais cela ne suffit pas. Seule la partie indienne, de l’autre côté de la rivière, plus colorée avec ses temples et ses vaches, nous donnera une image vivante de la ville. Nous partons après seulement trois jours, sans même visiter Auroville comme prévu initialement. Pour nous quatre, l’impression de lourdeur de « Pondi Chichi » n’est pas seulement dû à la chaleur ambiante.
Mahaballipuram est notre dernière étape ensemble. Cette petite ville est surtout réputée pour ses quelques temples et ses sculpteurs de pierre. Un anglais Stephen Cox, spécialiste des sculptures monumentales, y a même posé son atelier pour y exercer son art. Bien que la ville soit en bord de mer, nous n’irons pas sur la plage qui est d’une rare saleté. Nous visitons les temples, qui valent le détour, au lever et au coucher du soleil. Lors d’une de nos visites, nous sommes rejoins par quatre-vingt demoiselles aux habits chatoyants en voyage scolaire. Fous rire et bonne humeur garantis.
C’est déjà l’heure de nous quitter. François et Vincent reprennent la route seuls cette fois vers Goa. Ils y découvriront le Sud de l’Etat avec Palolem pour quelques jours de repos au soleil avant de rentrer en France. Nous restons une nuit de plus avant de reprendre la route à notre tour mais vers le Nord. Lors d’une balade entre deux sites classés, un sculpteur nous accoste. Nous l’avions croisé la veille et Vivi le cherchait du regard pour le saluer. Installé de l’autre côté de la rue, c’est lui qui nous interpelle. Il nous convie dans son magasin un instant. Nous discutons un bon moment avec lui. Aucune proposition de vente d’objet ou de quoique ce soit. C’est un peu comme-ci, il avait quelque chose, un message à nous transmettre. Cela fait quatre mois que nous sommes en Inde et il nous dit que nous somme prêts pour aller à la découvert de Varanasi. En partant, il nous offre un médaillon et son plus grand sourire. Curieuse et belle rencontre.

Du samedi 13 au mercredi 24 mars 2010
Nous avons de la visite. Vincent et François, l’oncle de Tom, ont atterri à Panaji et après 15 jours à Gokarna, nous sommes remontés vers Goa pour les accueillir et les emmener passer quelques jours dans les huttes d’Arambol. Ils sont là pour à peine 3 semaines et dès la sortie de l’avion, ils savent qu’ils vont revenir !!! Nous leur faisons découvrir la ville et sa rue commerçante, le village aux couleurs plus indiennes, la plage et ses restaurants (Crazy Mama et le Rice Bowl), la petite boulangerie et ses « chocoball », les massages ayurvédiques, bref, tout ce qu’on a eu le temps d’expérimenter.
Cap sur le Sud. Il fait déjà bien chaud, mais tout le monde a envie d’aller faire un tour dans les « backwaters » du Kérala. Pour se déplacer, beaucoup prennent le taxi sur de courte distance et l’avion pour les plus grandes. Nos amis souhaitent vivre ce séjour comme un bout de notre voyage, nous les emmenons donc en direction de la gare ! La chaleur est telle que Vincent et François expriment tout de même un bémol et prennent deux couchettes avec air conditionné. Rassemblé devant un thé et quelques gâteaux le lendemain matin, ils nous avouent qu’ils nous rejoindront la prochaine fois en sleepers, tous deux étant bon pour un gros mal de gorge.
Kochi, anciennement Cochin, est notre premier arrêt. Ancien comptoir portugais, hollandais puis britannique, la ville a gardé une nonchalance des plus plaisante. Quelques filets de pêcheurs qui seraient une trace du passage des chinois, une grande place, de grands arbres centenaires et une architecture coloniale. Notre guesthouse est juste en face d’un café-galerie d’art où se mêle, jeunes indiens branchés et touristes, autour de petit-déjeuners et autres pâtisseries. Les propriétaires ont ouvert un restaurant dans une rue pas loin de là où l’on y déguste de bons plats locaux avec une touche occidentale. Un salon de thé et un autre restaurant découverts par Vincent nous verrons passés plusieurs fois leurs portes. Comme vous l’aurez compris, on a fait le plein de bonnes choses…
Mais c’est aussi là qu’il nous arrive l’une des plus grosse tuile du voyage. Alors que Vivi discute avec François, elle voit Tom tomber à l’eau. Invité par un pêcheur à voir les filets chinois de plus près, il glisse et se retrouve trempé. Cela n’aurait pas été bien grave si son appareil photo n’était pas tombé à l’eau avec lui. Après plusieurs aller-retour dans un laboratoire Canon, nous décidons de ne pas le faire réparer, c’est bien trop onéreux. Gros coup de déprime pour Tom.
François a réservé un tour dans les backwaters avec notre hôtel. La journée nous fait du bien. La matinée est consacrée aux petits canaux avec visite de quelques ateliers de fabrique de corde en fibre de coco et production de poivre et noix de muscade. On découvre une végétation luxuriante. Après un délicieux thali, nous embarquons à bord d’un bateau traditionnel couvert pour une après-midi de navigation. Nous passerons également une journée à nous faire masser dans une centre ayurvédique dans une petite île en face de Fort Cochin. Nous y rencontrons Eric, un flamand qui s’y fait soigner depuis quelques jours. L’ambiance est des plus relaxante et les propriétaires sont d’une extrême gentillesse.

Du samedi 27 février au vendredi 12 mars 2010
Ce passage en ville nous a donné envie de revenir citadin. Non que nous étions fatigués de la plage mais un repas avec quelques backpackers, suivant la Banana Pancake Highway et se dirigeant tous vers d’autres plages, celles de Thaïlande, nous ont définitivement convaincu de retourner, comment dire, plus près des habitants et pour l’heure plus en Inde! Gokarna est une ville sacrée, dont le surnom serait le « petit Benarès ». L’accès aux temples y est strictement interdit aux étrangers, sans qu’on en connaisse vraiment la raison, mais on peut y croisés de nombreux brahmanes, des indiens de la caste la plus élevée. C’est d’ailleurs pour cette raison que la fête de Holy n’y sera pas célébrée dans quelques jours. Holy est une fête où on se jette des couleurs qui ne sont nettoyées qu’avec la mousson et les religieux brahmanes n’ont pas envie de vivre avec ses couleurs sur leurs murs si longtemps. Dommage pour nous.
Nous recroisons François « bon matin », notre québécois d’Arambol. Il nous dit avoir croisé Yanis et Sarah (le jeune couple au violoncelle), mais après un arrêt à leur guesthouse nous verrons qu’ils sont déjà repartis. Nous revoyons François à plusieurs reprises aux heures de repas. Il vit sur la plage de Kudle Beach. Il y prend des cours de yoga. Avec une location de vélo il explore tous les environs et fais des vidéos de ses découvertes. Il nous présentera Poncho, un breton qui vient tous les ans ici depuis quatre ans pour s’y ressourcer. Il offre des cours de méditations chaque fin d’après midi dans sa maison louée au bord de la plage. Il ne se déplace qu’en Royal Enfield. Ici, il a trouvé une voie spirituelle grâce au vipassana.
De nombreux habitants se rejoignent sur la plage de la ville au soleil couchant pour y discuter sur le sable, mettre quelques pieds dans l’eau ou s’y mouiller tout habillé. Très longue, elle sera parfaite pour y faire le footing du matin. Un autre plan d’eau est lieu de rendez-vous. Un grand bassin qui sert d’endroit pour faire des ablutions mais aussi sa lessive ! En marchant avec François, on croise un temple avec des ex-voto en forme de cobra. Un passant nous explique que ce lieu est destiné aux personnes qui ont envie d’avoir des enfants ou qui ont des soucis avec leur sexualité !
Rencontre avec Jeanine qui a vécu toute sa jeunesse dans le 18ème. On aurait pu être voisins! Elle nous parle du boulevard Rochechouart, des cinémas thématiques qu’on pouvait y trouver. Les salles obscures avaient un thème bien particulier, une pour les westerns, une pour les policiers, une pour les films d’amour et avant chaque film, on pouvait visionner les actualités…. elle nous dit aussi qu’il y avait le cirque Médrano tout près de son école et qu’elle entendait les lions rugir alors qu’elle était en classe ! On a dû mal à croire qu’elle vient de dépasser ses soixante quinze printemps. Voyageuse dans l’âme, elle se rend seule en Inde depuis plusieurs années pour deux mois et demi pendant lesquels elle parcoure cet immense territoire petit à petit. Cette année, sa belle fille l’a rejoint pour quelques semaines, c’est la première fois que quelqu’un de proche partage son périple et Jeanine a hâte de rentrer pour pouvoir en parler avec elle. Nous passerons plusieurs soirées bien agréables ensemble au restaurant du bord de la plage où la brise marine est des plus sympathique par ces températures.
Les derniers jours, nous parcourons les échoppes pour compléter les quelques cadeaux que nous souhaitons envoyer à nos familles. Bâtonnets d’encens, bracelets en verre, pachmina, sac coloré et lunghi, qui sont les tissus de diverses couleurs que portent les hommes, (chacune d’elle ayant une signification bien précise), thé et cartes postales à l’effigie de divinité. Vivi s’aventure à la recherche de la poste qui s’occupe de l’envoi des colis, celle du centre ville ne s’occupant que du courrier. François nous avait indiqué une boîte aux lettres rouges sur le devant. Vivi se fait aborder comme d’habitude par un auto-rickshaw. « Nahin, nahin, No thank you !!! ». Puis, elle se ravise et demande où se trouve l’endroit pour faire les parcels pour la poste et mime le geste de couture. Mabou, aux aguets, lui demande de le suivre. Son frère est tailleur et prépare les colis. Une fois le paquet cousu, Mabou convie Vivi à le suivre de nouveau pour la poste. L’endroit est frais, ça fait du bien par cette chaleur !
Sur le chemin du retour, il lui demande si elle a eu l’occasion de visiter des temples. Non, malheureusement et pour cause, rappelez-vous, à Gokarna, l’accès aux temples est fermé aux étrangers. Il lui propose de le suivre une nouvelle fois. Voilà Vivi conviée à l’intérieur d’un temple plein de cloches accrochées au plafond que chacun fait sonner une ou deux fois à son entrée. On y entre en suivant le sens de aiguilles d’une montre. Un espace laisse apercevoir la divinité. Mabou demande à Vivi de sonner la cloche et de s’asseoir. « Tu souhaites faire un puja (offrande)? » « Pourquoi pas ?! ». Mabou revient quelques minutes plus tard avec un plateau contenant, noix de coco, bananes, fleurs, sucres. Le plateau doit être présenté aux brahmanes qui fait la bénédiction. Moment privilégié. Elle apprend avant de sortir du temple que chaque jour des poulets sont sacrifiés aux dieux.

Du mercredi 24 au vendredi 26 février 2010
Nous prenons un train local en gare de Pernem. Sur le quai nous rencontrons Antoine un français avec qui nous échangeons paroles et bouquins. Il remonte sur Bombay rejoindre sa copine qui y fait un stage à l’Alliance Française. Il nous raconte ses aventures en Inde dont son périple en vélo indien (assez lourd) qui lui a fait suivre toute la côte de Mumbai à Goa.
En Inde, portes et fenêtres des trains restent le plus souvent ouvertes. C’est agréable de pouvoir s’asseoir sur le pas de la porte et de regarder le paysage défiler. Images de cartes postale, images qu’on se faisait du pays avant d’y arriver. Mais au delà de cette liberté agréable pour nous simple voyageur, cela révèle surtout que les gens sont responsables d’eux-mêmes ici, la compagnie des trains déclinant toute responsabilité en cas de chute éventuelle. Les accidents sont malheureusement fréquents quand les trains sont bondés.
Stop à Margao le temps d’un changement pour Gokarna. Cet arrêt de plus de trois heures nous laisse le temps d’aller manger en ville. Nous nous attablons dans un bistrot à l’atmosphère coloniale qui semble avoir conservé son âme portugaise d’antan. Il est trop tôt pour déjeuner, peu importe, nous commandons un petit-déj ! Midi étant arrivé, nous le faisons suivre d’un « chicken fried rice », un plat qui ne déçoit pratiquement jamais. Vivi joue la gourmande et commande un dessert, une spécialité de Goa, un flan, le bebinca. Le thé est délicieux et l’ambiance nonchalante.
Nous arrivons en gare de Gokarna Road. De nombreux auto-rickshaw nous proposent toutes sortes de prix extravagants en direction de Om Beach, notre destination. Vivi interpelle deux occidentaux pour leur proposer de partager un véhicule. En route, Eric nous dit qu’il est arrivé il y a à peine trois semaines des Alpes. Sa compagne de voyage, qu’il a rencontré dans le train est grecque et ne vient que pour quelques heures en repérage d’une plage où séjourner les prochains jours. Eric va rejoindre de la famille dans un hébergement de luxe.
Nous nous trouvons une petite chambre au bord de l’eau pour moins de trois euros. On aura jamais été aussi proches des vagues. L’endroit est simple, la douche rustique, mais le propriétaire est sympathique et propose de la bonne cuisine. Les vaches sont ici plus nerveuses et sportives qu’à Arambol et effectuent de spectaculaires courses poursuites.
Un sentier le long de la côte permet de rejoindre des plages inaccessibles par la route. Le long de ce sentier, quelques huttes perdues au milieu de nulle part. Paradise beach est l’une d’elles mais ne nous fait pas l’effet escompter. Un panneau y interdit la baignade! Nous décidons de prendre un bateau pour aller voir à quoi ressemble la ville de Gokarna. Beaucoup disent que cette ville à conserver une atmosphère typique très rurale et religieuse.

Du vendredi 5 au mercredi 24 février 2010
Après les premiers jours où nous ne savions pas trop comment nous adapter à l’ambiance générale de vacances, nous trouvons notre rythme et profitons pleinement de ce qui nous entoure. Dormir au bord de l’eau avec le bruit des vagues, nous n’allions tout de même pas nous en plaindre. Pas besoin de madame météo. Tous les jours, le soleil brille. C’est assez étrange de se dire que chez nous, la neige tombe encore. Le matin, on peut avec un peu de chance observer des dauphins au loin et en soirée, des singes viennent nous rendre visite près des huttes.
Nous profitons des bienfaits des massages ayurvédiques. Tom est toujours un peu patraque depuis Mumbai. Nous nous arrêtons devant un établissement qui ressemble à un cabinet médical où figure deux noms de docteurs. On se décide à entrer pour consulter. L’endroit est en fait un espace ayurvédique où l’on propose massages et cours de yoga, en plus des consultations. Le côté scientifique de Tom ressort et le rend méfiant. La doctoresse lui diagnostique un problème de sinus et se préoccupe, dans un premier temps, de son régime alimentaire. Cet aspect est bien trop malheureusement négligé dans la médecine occidentale. Après plusieurs conseils de diététique, il se laisse prescrire quelques massages. Son mal disparaît pour de bon et de façon spectaculaire en 4 jours seulement. Vivi se laisse tenter à son tour. Son mal concerne les deux tendons d’Achille. Première chose abandonner les birkenstock qui sont mal adaptés à ses pieds. Des massages spécifiques lui sont prescrits. A la fin de la semaine thérapeutique, plus que satisfait des résultats sur notre santé, nous nous laissons tenter par les full body massage et leurs effets revigorants, à tester si vous passer par là !
Au bout de trois semaines, Tom est le premier réveillé pour aller courir puis nager dans la mer d’Oman. Après la course et la baignade rien de tel qu’un bon petit déjeuner. Avec notre nouveau régime alimentaire, conseillé par la doctoresse, nous mangeons un fruit avant chaque repas. Les journées se passent tranquillement. L’après-midi, chacun vaquent à ses activités. Nos voisines sont musiciennes et répètent leurs morceaux de flûte indienne et de violoncelle. Échange de musique ou de films, lectures, apprentissage des bolas… discussions autour du voyage. On refait et défait le monde et nos itinéraires. On envisage un stage de plongée en Thaïlande. Les soirées sont l’occasion de se retrouver autour de l’apéritif local hérité des portugais, le porto. Mais qui a dit qu’un tour du monde demandait beaucoup de courage ?
Arambol est un spot réputé pour le parapente. Urs, notre suisse volant rencontré au Kazakhstan, nous promet donc de nous y rejoindre bientôt. Notre rythme étant trouvé, nous prolongeons sans grande difficulté notre séjour. Nathalie et Sébastien, voisins de huttes et suisses plongeurs, décalent eux aussi leur retour en Suisse pour profiter un peu plus de leurs derniers jours de voyage. En allant à la recherche d’un cadeau pour l’anniversaire de Seb, Tom tombe nez à nez avec Urs et Katia. Cela faisait quelques jours que nous attendions leur arrivée. Ils n’ont pas eu le temps de nous écrire qu’ils étaient là que nous le rencontrions. Nous passons quelques belles après-midi en leur compagnie. Le parapente sur ce site unique à Goa est différent de celui que nous avons expérimenté au Kazakhstan. Ici, on décolle littéralement de la falaise et on peut même réatterrir à la même altitude si on le désire. On n’utilise pas les thermiques (courants d’air chaud) mais le vent qui remonte le long de la falaise pour voler sur un couloir aérien qui longe l’à-pic. Les conditions sont bonnes et nous prenons tour à tour l’envol. Sensations garanties.
Nous continuons de recroiser du monde, Vivi revoie Sue, la coréenne avec qui elle correspond depuis Bombay, ainsi que Momo, la japonaise. Michaël avant de reprendre la route en solitaire vers le Gujarat, recroise son amie Zoé rencontré à Dubaï, et nous reverrons de nouveau Jack sur son vélo cette fois, croisé sur la route alors que nous étions en scooter.
Parenthèse dans notre voyage, ces quelques semaines de vacances nous aurons fait du bien. Nous avons rencontrés de grands voyageurs comme Ivan et son amie Andréa grâce à Urs et Katia, ou encore Sébastien et Nathalie qui nous ont beaucoup appris et confortés dans notre vision d’appréhender la vie. Nous avons croisés la route de familles qui nous ont démontré que le voyage est possible avec des enfants. Nos voisins de huttes sont devenus pour la plupart des amis comme Guillaume qui échappe aux mois les plus tristes en France pour faire le plein de soleil et de bonne humeur à l’étranger et Yanis et Sarah, les deux jeunes étudiants voyageant avec un violoncelle, François « Bon Matin », notre joyeux ami québécois. Mais aussi Tobi et Lars qui ont partagé nos apéros et nos envies de refaire le monde. Rien de tel pour continuer de voyager serein !